C’est décidé, je fais mon potager!

Jour 1 : Objectifs, état des lieux et premiers travaux

On est le 29 mars, la végétation a déjà bien démarré un peu partout. Les pluies d’hiver ont humecté la terre en profondeur, et les premiers beaux jours sont là, annonçant le printemps. C’est un moment idéal pour commencer un potager!

L’endroit où sera installé le potager, un coin de 12 m2 environ (4x3m). Si on enlève l’espace occupé par le massif d’iris au premier plan et la santoline au fond à gauche, il reste 10m2 de surface cultivable.

Pourquoi vouloir faire un potager?

  • plaisir de produire quelques légumes, herbes et fruits tout au long de l’année
  • être fier de faire par soi-même
  • santé: bouger, être dehors
  • retrouver un peu de lien avec ce qu’on appelle la ‘nature’, bien que le potager ne soit pas du tout un endroit naturel mais très anthropisé; l’idée c’est plutôt de découvrir, d’apprendre comment concilier nos besoins de se nourrir sans détruire tout le vivant qui nous entoure.

Quels sont les objectifs?

  • produire régulièrement, tout au long de l’année. Chaque mois, avoir quelque chose à récolter au potager
  • se faire plaisir, découvrir, rater, apprendre, réussir
  • ne pas faire du potager une corvée. Le potager doit être compatible avec une vie déjà bien remplie (travail, famille)
  • faire un potager économe (pas plus de 100€ par an de budget)
  • faire un potager biologique

Que faut-il pour démarrer un potager?

  • avant les besoins matériel: humilité, patience, persévérance!
  • un peu de temps: au maximum 2h par semaine
  • matériel:
    • un petit bout de terre (il faut commencer petit: 10m2 c’est largement suffisant). Ici il s’agit d’une parcelle dans un jardin partagé associatif.
    • de l’eau (au plus fort de la saison en été, il faudra pouvoir fournir environ 70l d’eau par jour au potager)
    • quelques outils: on peut commencer très simplement avec simplement une fourche bêche à dents. Plus tard, d’autres équipements seront peut être nécessaires.
Pour les premiers travaux, une simple fourche à 4 dents comme celle-ci suffit. 30 à 50€, trouvable d’occasion.

Premier état des lieux

  • depuis plusieurs années, aucune culture sur cette parcelle. Simplement une fauche de temps en temps. Beaucoup d’herbes sauvages se sont installées: plantain, chiendent, lamier, diverses graminées, trèfle..
  • l’endroit est assez ouvert et ensoleillé, avec sur le côté sud un gros jasmin primevère (mesnyi) à jolie floraison printanière jaune et un grand romarin. Ces 2 plantes feront une ombre portée à certains moments, mais ça ne devrait pas être un problème.
  • le sol est très filtrant, il retient peu l’eau et sèche vite. Mais il est léger, très facile à travailler et se réchauffe rapidement. Probablement une dominante de limon et de sable.
  • il y a aussi une menthe qui est installée sur le côté gauche, entre les iris et la santoline. A conserver!
Plantain
Trèfle et graminées
Lamier pourpre
Sur une terre non travaillée, les rats taupiers aiment s’installer, comme en témoignent ces petits monticules de terre. Ils sont capables de faire de gros dégâts, mais ils ne devraient pas rester longtemps si on travaille le sol régulièrement.

Préparer le sol

  • c’est important que le sol soit à la bonne humidité pour faire ce travail: ni détrempé ni sec. On doit sentir que la terre est bien humide, mais elle ne doit pas coller à l’outil. On doit pouvoir enfoncer la fourche sur toute la hauteur de ses dents avec deux ou trois appuis fermes du pied. Si on force au-delà, c’est que la terre est trop sèche; c’est mieux d’attendre la prochaine pluie ou de faire un bon arrosage de la zone.
  • avec la fourche à dents, on va décompacter le sol, sans le retourner. Comme avec une grelinette, on va planter l’outil sur toute la hauteur des dents et faire un mouvement d’avant en arrière pour casser un peu la motte.
  • ensuite on va pouvoir enlever un maximum d’herbes et leurs racines. Cette étape demande un peu de rigueur et de patience. Il faut vraiment prendre le temps de bien enlever tout ce qu’on peut de racines. Surtout celles du chiendent et autres vivaces.
  • en prenant un rythme assez tranquille et agréable, il faut compter 10 à 15h de travail pour bien préparer 10m2, quand on part d’une friche compacte comme ici.
Sur un sol compacté, très enherbé, ou argileux, c’est plus facile d’avancer par petites tranches. Ici on avance par tranche de 10 cm à 15 cm maximum. Les mottes sont émiettées à la main.
Les herbes sauvages les plus problématiques, ce sont celles qui ont des racines traçantes. Bien souvent, même si on arrache la plante, celle-ci peut repartir à partir d’un simple fragment de racine laissé en terre.
Fin du jour 1 – environ 1,5m2 préparé en 1h, à deux.
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